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Sécuriser les usages de l’IA

Ce volet prolonge la formation. Il part, lui aussi, d’une prise de besoin : quels outils sont utilisés, par qui, avec quelles données. Les règles qui en sortent sont travaillées en formation, sur les tâches réelles des équipes.

Le Shadow IA, un signal plus qu’une faute

Quand le cadre est flou et que personne ne porte le sujet, les équipes avancent seules, avec leurs comptes personnels.

Les usages à repérer en priorité :

  • des contrats ou des documents RH copiés pour obtenir un résumé
  • des comptes rendus de CODIR ou des chiffres non publiés reformulés
  • des fiches clients utilisées pour préparer une proposition
  • des outils personnels qui automatisent des tâches sensibles

Interdire rassure à court terme, mais prive la direction de visibilité. La réponse durable combine trois choses : des outils validés, des règles compréhensibles et des équipes formées à ce qui peut ou non entrer dans une demande.

Lire : cartographier ce que vos équipes utilisent vraiment

AI Act : le calendrier à jour

L’omnibus numérique sur l’IA, entré en vigueur le 27 juillet 2026, a reporté les obligations applicables aux systèmes à haut risque. Mise à jour du 11 octobre 2026.

DateCe qui s’appliqueStatut
1er août 2024Entrée en vigueur du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle.1En vigueur
2 février 2025Interdiction des pratiques à risque inacceptable (manipulation, notation sociale…). Obligation pour les entreprises de favoriser la maîtrise de l’IA par leur personnel (article 4), depuis simplifiée par l’omnibus.12En vigueur
2 août 2025Obligations des fournisseurs de modèles d’IA à usage général (ceux qui développent GPT, Gemini, Claude, Mistral…), gouvernance et sanctions.1En vigueur
27 juillet 2026Entrée en vigueur de l’omnibus sur l’IA, règlement (UE) 2026/1744, qui modifie le calendrier et allège certaines obligations, notamment pour les PME.2En vigueur
2 août 2026Obligations de transparence (article 50) : informer qu’on échange avec une IA, signaler les contenus générés. Une période transitoire court jusqu’au 2 décembre 2026 pour certains systèmes génératifs déjà sur le marché.3En vigueur
2 décembre 2027Systèmes à haut risque de l’annexe III : recrutement et gestion des travailleurs, accès au crédit, éducation, accès aux services essentiels…2À préparer
2 août 2028Systèmes à haut risque de l’annexe I : IA intégrée à des produits réglementés (machines, jouets, ascenseurs…).2À préparer

Ce qui ne change pas. Le report donne du temps, il ne supprime pas les obligations. Former ses équipes, savoir quels outils sont utilisés et pour quoi, et documenter les usages sensibles restent les premières mesures à prendre.

L’usage compte autant que l’outil. Un assistant de rédaction n’est pas, en soi, un système à haut risque. Utilisé pour trier des candidatures ou évaluer des personnes, il peut le devenir. C’est l’usage qu’il faut classer.

  1. Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle, EUR-Lex.
  2. Commission européenne, « L’omnibus sur l’IA entre en vigueur », digital-strategy.ec.europa.eu.
  3. DPO Consulting, « AI Act : ce que le Digital Omnibus change réellement pour les entreprises », dpo-consulting.com.

RGPD et IA générative

Dès qu’une donnée personnelle entre dans un outil d’IA, le RGPD s’applique. C’est souvent le cas sans que personne s’en rende compte.

  • Toute donnée personnelle saisie dans un outil d’IA constitue un traitement au sens du RGPD.
  • Le fournisseur de l’outil doit être qualifié, le plus souvent comme sous-traitant, avec un contrat adapté.
  • Les décisions produisant des effets importants sur une personne ne peuvent pas reposer uniquement sur un traitement automatisé, sauf exceptions encadrées.
  • Les personnes concernées gardent leurs droits : information, accès, opposition.
  • Une analyse d’impact peut être obligatoire pour les traitements susceptibles d’engendrer un risque élevé.
  • Les transferts de données hors de l’Union européenne sont encadrés.

Lire : 7 situations à risque
Les recommandations de la CNIL

Construire le cadre

Un cadre utile tient en peu de règles, compréhensibles par tous et appliquées parce qu’elles ont été travaillées en formation.

Cartographier les usages

Questionnaire court, entretiens avec les équipes les plus exposées, croisement avec les outils validés. On ne régule pas ce qu’on n’a pas vu.

Rédiger une charte qui sert

Rédigée avec les équipes, à partir de leurs usages réels, déclinée par profil. Une charte qui reste dans un tiroir ne protège personne. Lire l’article

Classer les usages sensibles

Identifier les usages qui touchent des personnes ou des décisions importantes, et ce qu’ils impliquent au regard de l’AI Act et du RGPD.

Désigner une responsabilité

Un référent, un circuit de validation des nouveaux outils, un point d’entrée pour les questions. Le référent IA

Former aux réflexes

Quelles données peuvent entrer dans une demande, quels outils sont validés, que vérifier avant de diffuser. Ces réflexes sont intégrés à toutes les formations.

Les contenus de cette page sont informatifs. Pour un avis juridique sur une situation précise, EMILIA France travaille avec votre conseil ou votre délégué à la protection des données.

Prolonger une formation

Comme pour une formation, tout part d’une prise de besoin. Un échange de 30 minutes suffit pour la commencer.